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10 avril 2017

La reconnaissance de la formation protégé les employs contre les mauvaises ententes commerciales

L'article qui suit du VPI Joe Maloney a été publié dans le St. John's Telegram le 10 avril.

Par Joseph Maloney

Qu'est-ce que la formation professionnelle à voir avec le commerce international. Beaucoup si l'on s'inquiète de la sécurité des travailleurs et du public. Encore plus si l'on s'inquiète des occasions d'emplois pour des milliers de personnes à Terre-Neuve et au Labrador.

On pourrait croire qu'une formation complète dans mon métier de chaudronnier et autres métiers de la construction serait un prérequis pour des emplois dangereux qui n'ont aucune tolérance pour les erreurs.

Mais lorsque le Canada a signé l'Accord économique et commercial global (AECG) avec l'Europe, nous avons ouvert la porte à l'importation massive de travailleurs étrangers pour construire et entretenir les projets industriels tels les plateformes Hebron et Hibernia.

Sous l'AECG, les compagnies des 28 pays de l'Union européenne pourront soumissionner sur les gros projets canadiens et amener leurs travailleurs avec eux.

Il y a plusieurs raisons de s'inquiéter de cette situation. Prenons la sécurité pour commencer.

Les lieux de travail industriels sont des environnements complexes et dangereux. Une erreur de jugement ou de procédure peut s'avérer catastrophique en termes de blessures et de dommages matériels. Les Chaudronniers installent et soudent d'immenses réservoirs et systèmes d'alimentation qui contiennent des gaz explosifs et autres liquides sous pression. Il est horrible de concevoir les conséquences d'un accident majeur impliquant des matériaux toxiques ou inflammables.

Hebron, qui a employé plus de 5000 travailleurs durant la construction, a été reconnu comme ayant le meilleur dossier en matière de sécurité sur la planète à cause de la formation intensive en sécurité et de l'excellence de la force ouvri&egave;re locale.

Mais quelles sont les dispositions en place sous l'AECG pour s'assurer que les travailleurs importés aient les mêmes compétences et la même formation en sécurité que les travailleurs canadiens? Il semble qu'il n'y en a pas. Des accords de reconnaissance réciproques prévus dans l'entente reconnaissent automatiquement les compétences et la formation des travailleurs européens comme étant les mêmes que celles des travailleurs canadiens. Des équipes de travail étrangères pourraient être embauchées sur des projets au Canada avec peu ou aucune formation additionnelle.

Cette approche s'est avérée catastrophique ailleurs au Canada. En 2007, un accident impliquant un réservoir dans les sables bitumineux a causé la mort de deux travailleurs et des blessures à cinq autres. Une enquête a démontré que la main-d'œuvre étrangère, importée en groupe de la Chine, n'avaient pas les compétences, ne parlaient pas anglais donc étaient incapables de lire les plans et devis, et ne pouvaient pas de moyens de communiquer en cas d'urgence.

Également inquiétant est la possibilité que sous l'AECG, des équipes de travailleurs étrangers pourraient déplacer des travailleurs qualifiés ici à Terre-Neuve et Labrador. Cette concurrence avec le marché du travail européen sera difficile. Dans plusieurs pays européens, les salaires moyens sont moins que la moitié des nôtres.

Au moins sous le programme de travailleurs étrangers temporaires, le gouvernement fédéral doit mener une évaluation de l'impact sur le marché du travail pour s'assurer qu'aucun Canadien n'est disponible pour effectuer le travail. L'AECG rend ces évaluations illégales.

Avec la fin prochaine des grands projets de construction, on prévoit que le taux de chômage de Terre-Neuve et du Labrador atteindra 17% en 2019. Il serait malheureux de perdre des emplois dans l'industrie minière et du pétrole lorsqu'une reprise de projets majeurs se pointeronts dans quelques années.

L'AECG entrera en vigueur provisoirement avant ou le 1 juillet. Est-il trop tard pour sauver les emplois de Terre-Neuve et du Labrador?

L'AECG permet aux états européens et aux provinces canadiennes de règlementer la participation de compagnies étrangères dans des industries stratégiques. Plusieurs états européens se sont prévalus de cette disposition en désignant certains secteurs économiques comme étant hors limites pour les travailleurs canadiens.

Les provinces canadiennes peuvent faire de même. Terre-Neuve et Labrador peuvent protéger les intérêts et les emplois provinciaux en légiférant une protection pour certains secteurs économiques non seulement sous l'AECG mais aussi pour d'autres accords commerciaux comme celui qui s'annonce avec la Chine.

Les provinces peuvent s'assurer que seuls les travailleurs formés selon nos normes et reconnus par nos institutions puissent travailler dans certains métiers essentiels à protéger la sécurité du public et des travailleurs. C'est le moins que les gouvernements provinciaux doivent aux travailleurs qui vivent, travaillent et paient des impôts dans leurs juridictions.