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3 avril 2017

Les nouvelles ententes commerciales ont des implications néfastes pour l'avenir

L'article suivant a été publié le 3 avril dans le Hill Times, un journal important d'Ottawa lu par les députés, les journalistes, les lobbyistes et des hauts fonctionnaires.

Par Joseph Maloney

La signature par le gouvernement Trudeau de l'Accord économique et commercial global (AECG) avec la Communauté européenne marque un départ dangereux de l'approche du Canada envers les accords commerciaux avec d'autres pays.

L'AECG, en plus de traiter du commerce, fait la promotion d'une intégration économique à grande échelle. Cette intégration permet aux compagnies européennes d'utiliser leurs propres employés si elles devaient se voir octroyer des contrats pour la construction ou l'entretien d'établissements industriels ou commerciaux. Des projets en entier pourraient être construits par des travailleurs étrangers.

Ceci est une menace pour les emplois de centaines de milliers de Canadiens qui œuvrent dans l'industrie de la construction. Si cette situation se propage à une grande échelle, les controverses du passé relatives au Programme des travailleurs étrangers temporaires sembleront être de la petite bière.

L'AECG encourage les parties en Europe et au Canada à établir des Accords de reconnaissance mutuelle afin que les compétences des travailleurs européens soient reconnues au Canada. Un travailleur européen qui est reconnu dans l'un des métiers spécialisés n'aurait pas à compléter un apprentissage au Canada et pourrait commencer à travailler sur des projets canadiens avec peu ou aucune formation additionnelle.

Cette approche a déjà occasionné des décès au Canada. Il y a dix ans, un accident dans les sables bitumineux a tué deux travailleurs chinois et blessé cinq autres. Ils construisaient un réservoir - un travail qui devrait être fait par des chaudronniers canadiens qualifiés - lorsque la structure s'est effondrée. Une enquête a démontré que les travailleurs, faisant partie d'une force ouvrière importée de la Chine, non seulement n'étaient pas qualifiés mais ne pouvaient pas lire les plans et devis ni parler anglais.

Un sentier de misère pancanadien est pavé d'accidents et de morts dans des établissements industriels quand des travailleurs non qualifiés tentent de faire le travail qui devrait être effectué par des travailleurs bien formés et accrédités. C'est une des raisons pour laquelle le Canada a les normes d'apprentissage les plus strictes au monde dans mon métier.

Les conditions de travail canadiennes sont bien différentes de celles de l'Europe. Bien que l'Europe pour avoir un climat difficile, ce n'est rien comparé au travail dans le nord de l'Alberta en hiver. Notre climat est un des facteurs nécessitant une formation spéciale et des qualifications strictes.

Le gouvernement fédéral est maintenant à tenir des rencontres préliminaires avec la Chine, qui selon les rapports demandent le même droit de soumissionner sur des projets canadiens et importer une main-d'œuvre chinoise pour leur construction.

Essayer de concurrencer contre les travailleurs européens venant de pays où les salaires sont moins que la moitié de ceux payés aux Canadiens sera difficile. Tenter de faire de même contre des gens qui gagnent beaucoup moins encore sera quasi impossible.

On entendra les arguments habituels contre la protection des emplois canadiens et de notre niveau de vie par ceux qui utilisent le discours de la compétitivité pour déguiser leurs efforts d'accroître leurs profits à tout prix. Mais de plus en plus, les Canadiens réalisent que des gens qui vivent avec des salaires de seuil de la pauvreté ne peuvent maintenir une économie prospère au bénéfice de la classe moyenne.

Si les Canadiens ne peuvent pas compter sur leur propre gouvernement fédéral pour promouvoir nos intérîts économiques communs, quel espoir avons-nous pour l'avenir de nos enfants et nos grands-enfants?